RACCORD... PAS RACCORD !!

mercredi 4 janvier 2012

The Artist

 

the artistnew

de Michel Hazanavicius. France-USA, 2010

 

 

 

RACCORD

 

 

 

 

 

 

Je ne vais pas revenir sur l’unanimité critique autour de l’audace formelle de « the Artist »  qualifié  le plus souvent "d'audacieux film muet en noir et blanc à l’époque de la 3D... » pour aller directement au vrai projet du film : montrer le désespoir face aux temps qui passe. Les temps modernes, ceux du film, ceux des modes, des tendances, des progrès technologiques, qui condamnent d’un seul coup les artisans de l’usine à rêve hollywoodienne à s’adapter ou à mourir dans l’oubli…. Montrer une forme de désespoir face à ce qu’on ne peut comprendre, maîtriser ou contrôler, face, littéralement, à ce qu’on ne peut vivre…. Bien sur, la démonstration n’est pas valable qu’à l’époque du passage du cinéma muet au parlant… Mais le choix d’Hazanavicius de situer son film à ce moment charnière de l’histoire de cinéma était le plus pertinent formellement, car le plus évocateur. Et Hazanavicius embrasse le projet avec le geste : costumes, lumières, cadrages, musique… Tout est fait pour soigner le style. Il y a aussi, bien sur, beaucoup de références –de Chaplin à Murnau en passant par Citizen Kane mais également de géniales trouvailles poétiques, émouvantes ou jubilatoires.
Mais « The Artist » ne serait rien sans le panache de Jean Dujardin : drôle ou tragique, avec la classe de Douglas Fairbanks, il est le héros sublime de ce mélo, star du muet malmené par l’arrivée du parlant (voir la scène du cauchemar, extraordinaire)… A ses côtés, la délicieuse Bérénice Béjo ne dépareille pas et retrouve le charme et la fantaisie des actrices de l'époque. Parions que ce film la mette beaucoup plus en avant désormais...Citons également le casting américain, Peneloppe Ann Miller, James Cromwell, John Goodman et, le temps d'une scène (de casting !!), l'incroyable Malcolm Mc Dowell...
Il est juste dommage que Hazanavicius ait été trop généreux avec ce projet américain : en effet, trop de longueurs au milieu du métrage et le film pète un peu les coutures… Pour un film muet dans le style, c’est un peu long. Ça et un scénario qu’on aurait aimé moins attendu (il faut dire que la bande annonce du film racontait déjà presque tout bien avant la sortie…) mais le plus dommageable reste l’histoire d’amour qui, au final, n’existe pas vraiment….
Mais ses lacunes semblent vaines face à cet hommage au cinéma muet, aussi élégant que sincère, doublé implicitement d'une vraie audace mélancolique, forme de supplément d'âme qui laisse, lui, sans voix.

 

Posté par superjojo83 à 22:53 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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Pater

pater-cavalierde Alain Cavalier. France, 2010

 

 

 

PAS RACCORD

 

 

 

 

 

 

D’ordinaire, les films d’Alain cavalier me réjouissent parce que ludiques, minimalistes, poétiques et en permanente discussion avec le spectateur… A force de caméra au poing, de murmures complices, de trouvailles formelles, le cinéaste a fait de la dernière partie de son œuvre un lien intime avec nous, ou en tout cas avec ce qui n’est pas cinéma pour le rendre encore plus cinématographique justement… Alors oui, dans cette voie  là, « le Filmeur », « Ce répondeur ne prend pas de message » , « Libera me », etc…sont autant de manifestes intelligents et sensibles. « Pater », donc, son nouveau film ou il découvre Vincent Lindon en président de la république, aurait pu produire le même genre d’argument et pourtant non pas vraiment, parce que le concept ici est inutilement bavard et coincé dans une contemplation un peu béate de l’acteur principal, hélas… Et sa réflexion sur le pouvoir n’est pas très palpitante. Proposition de cinéma ? De théâtre ? D’improvisation ? Mise en abyme de l’acteur connu avec l’homme d’état ? C’est sans doute tout cela à la fois mais sans légèreté, sans poésie…Le dispositif pour une fois est anémique, sans saveur. En conséquence, je me suis laissé gagner par un ennui bien réel, aller savoir pourquoi...

 

Posté par superjojo83 à 22:52 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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