RACCORD... PAS RACCORD !!

Le blog de l'émission RACCORD... PAS RACCORD : chroniques et infos cinéma un mardi sur deux à 20h sur Radio G! 101.5 FM ou www.radio-g.org

vendredi 21 mars 2008

Bienvenue chez les ch'tis

ch_tis

De Danny Boon. France, 2007

UN CH’TIS RACCORD  !!

Au bout de douze millions d’entrées, “Bienvenus chez les ch’tis” méritait bien qu’on le chronique ici, sur ce blog, il était temps !! Bon, je ne vais pas chercher de midi à quatorze heure tout en haut du carillon de Bergues pour vous dire à quel point ce film m’a bien fait marrer (en tout cas, il rempli son contrat d’activation des zigomatiques, c'est déjà ça…) et puis ça fait du bien d’avoir enfin sous le coude une comédie française qui fait vraiment rire et qui est sans prétention, ce n’est pas le cas de toutes les productions gauloises ces derniers temps, si vous voyez ce que je veux dire…

D’abord la grande qualité du film est d’être absolument généreux avec les acteurs, personne n’est oublié, tout le monde participe et ce, sans un temps mort. Truculence, allégresse, bonnes bouteilles, situations burlesques (la fameuse séquence de la tournée du facteur qui se transforme en beuverie va certainement devenir culte…), des personnages haut en couleur et pas un gramme de mauvais goût. On sent que ça lui a fait du bien à Danny Boon, de tourner précédemment avec Francis Veber : une écriture comique  fine alliée à une belle mécanique de rebondissements, font de ces « ch’tis », un modèle de comédie populaire. Jouant évidemment beaucoup avec le dialecte et s’amusant avec les idées reçues sur le Nord, il concocte du début à la fin toute une série de scènes réjouissantes ou son duo avec Kad Merad  explose littéralement. Autour d’eux, un casting aux petits oignons qui mélange les générations : la charmante Zoe Félix, la vétérante Line Renaud,  la délicieuse Anne Marivin, l'improbable Zinedine Zoualem (dans une barraque à frites !!) et même une apparition du toujours génial  Michel Galabru. Tout ce petit monde s'amuse et cela se sent. Certes, j’ai bien une petite réserve concernant les relations entre les personnages d'Antoine (Danny Boon) et de sa mère possessive (Line Renaud), à peine effleurées et la dernière partie, un poil prévisible. Mais cela n’enlève que peu choses au plaisir énorme que l’on prend devant ce film, devenu en un mois un phénomène de société aussi fulgurant que surprenant. Battera t-il le record du "Ch'titanic" avec ses 20 millions d'entrées ? C'est fort possible !! En tout cas, nous, à Raccord pas Raccord, on y croit !!  JOLYON 

   

Posté par morpheus2316 à 16:06 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


jeudi 20 mars 2008

MR 73

mr73

de Olivier Marchal. France, 2007.

RACCORD DE NOIR

On l’attendait impatiemment, ce nouveau film d’Olivier Marchal, après l’excellent « 36 quai des Orfèvres » et le formidable duel Auteuil–Depardieu, tout le monde s’accordait à dire que ce mr Marchal, fort de son passé de flic et des ses références cinématographiques (Melville, Corneau…) avait enfin redonner ses lettres de noblesses au polar français avec ce qu’il fallait de flamboyance, de violence, de noirceur….

Avec « Mr 73 », Marchal passe de la noirceur au noir total. Un flic, qui vient de perdre sa femme et sa fille dans un accident de voiture et qui se réconforte dans l’alcool, tente de démasquer un serial killer et croise sur sa route une jeune femme cherchant à se venger du meurtrier qui a tué ses parents….Ce pitch posé, il ne faut pas croire  que Marchal va donner encore dans une intrigue policière complexe avec fusillades et courses poursuites toutes les dix minutes, non, nous sommes plutôt là dans un tragédie implacable ou un homme brisé, Louis Schneider (Daniel Auteuil, extraordinaire) trace la route vers son destin. D’entrée, Marchal renoue avec l’atmosphère visuelle de « 36.. » : il filme les locaux de la police comme un monastère, ses flics sont presque tous habillés en noir et roulent dans des voitures noires immaculées. Noir c’est noir !! La seule différence est qu’il met aussi du noir dans les scènes extérieures, les lumières étant très contrastéeIl faut signaler là le remarquable travail du chef opérateur. De plus, l’ambiance glauque avec cadavres mutilés et morgue plus vraie que nature est aussi répugnante que réussie.

Mais ce sont surtout les motivations des personnages qui sont des plus sombres. De ce fait, malqré la personnalité diabolique de l’ancien tueur (l’inquiètant Philippe Nahon) et l’opiniâtreté de Justine (Olivia Bonamy, excellente) Marchal axe presque entièrement son film sur la douleur de Schneider, à coups de litres de gnole et de flash-back traumatiques mais aussi sur son acharnement à faire une ultime fois son boulot de flic. Le problème, c’est qu’en focalisant trop ses caméras sur lui, Marchal délaisse les personnages secondaires et fait prendre au scénario des tournures franchement pas crédibles comme le coup du serial killer fils de flic ou le trafic de bijoux sans intérêt…Soit Marchal charge trop la mule, soit pas assez, comme cette scène  ou Justine entend des bruits chez elle, on s’attend  alors à un moment de suspense intense et puis non, finalement, elle pleure et Schneider rapplique pour la faire emmener à l’hôpital. Clairement, le parti pris de Marchal est d’aller au bout sa logique à partir d’un script « inspiré d’un histoire vraie » (encore un de ses souvenirs de flic...) mais qui déçoit parce que trop déséquilibré. Maintenant, en terme de mise en scène et de direction d’acteurs, Olivier Marchal peut se vanter d’être arrivé à maturité. Et ce film le prouve.  JOLYON

Posté par morpheus2316 à 14:11 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 14 mars 2008

Julia

julia de Eric Zonca. France, 2007.

RACCORD



Pour son come-back au cinéma, le réalisateur Eric Zonca ("La vie rêvée des anges", c'était lui) revient avec un film qui risque de laisser des traces dans la mémoire des spectateurs. C’est l’histoire d’une femme belle, rude, roublarde et alcoolique, qui kidnappe un enfant entre les Etats Unis et le Mexique et finit peu à peu un par s’y attacher. Le tout dans un environnement violent, entre course poursuite dans le désert et gangsters mexicains. En résulte un film de plus de deux heures porté par une actrice exceptionnelle, un peu méconnue par chez nous, il s’agit de Tilda Swinton.

Le film peut se voir comme une ballade sauvage ou Zonca filme la détermination et les égarements de cette femme, Julia, en prise avec les évènements qu’elle déclenche ou subit. Confrontée au désert ou perdue dans les quartiers glauques d’une ville mexicaine, Julia est filmée toujours caméra à l’épaule, de façon haletante, son grand corps et sa chevelure rousse s’accaparant tout l’écran et focalisant le regard. Mais « Julia » n’est pas seulement qu’un portrait de femme, c’est aussi un film de suspense ou Zonca fait preuve d’une grande maîtrise malgré une économie de moyens. Armé d’un scénario qui ménage bonds nombres de rebondissements comme dans un vrai film noir, Zonca impose une mise en formellement inventive sur des canevas à priori classique. Ainsi la séquence de l’enlèvement, impressionne car la violence n’est que suggérée (Julia écrase avec sa voiture le précepteur de Tom) ou la séquence de la gare, un petit chef d’œuvre de montage ou les regards hostiles se croisent, poussant Julia à déguerpir, sans l'argent. Mais ce qui au centre de l’histoire c’est bien évidemment les rapports entre Julia et Tom. Au début, leur intimité forcée dérange : elle le ligote, le bâillonne, le cache derrière un canapé et on souffre pour le gamin. Et puis, au fur et à mesure qu’ils font la route ensemble, Julia enlève le masque et se découvre toute une attitude maternante … La scène du lit, au Mexique, synthétise cette évolution du rapport : parce que Tom vient se coucher à ses côtés, Julia invente pour la première fois des gestes tendres avec l’enfant, le tout étant sublimé par la lumière matinale. C’est bouleversant. Je regrette juste que Zonca n’est pas développé plus le rôle de Tom, qui malgré ses neuf ans semble avoir de la personnalité et du courage, surtout face aux gangsters armés de revolver et de pitbulls… Autre bémol, la dernière partie du film avec un nouvel histoire de kidnapping, là, je me suis dit que pour le gamin, ça commençait à faire beaucoup, mais la séquence finale, impressionnante de tension et de justesse, rattrape tout ça. Reste que « Julia » est film fort et poignant, certes un poil long, mais il signe le retour flamboyant d’un grand metteur scène et la consécration d’une actrice qu’on est pas près d’oublier. JOLYON.

Posté par morpheus2316 à 11:13 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 13 mars 2008

Soyez sympas, rembobinez (Be kind Rewind)

soyez_sympa

De Michel Gondry. USA, 2007.

RACCORD  !!

Dans la catégorie des filmeurs-inventeurs, on sait depuis un moment déjà que Michel Gondry a une place à part. Qu’il fasse des clips, des pubs ou des longs métrages, son univers est avant tout un champ d’expérimentations ludiques ou tout est prétexte a de facétieuses inventions visuelles, (images détournées, découpées, renversées, morceaux de décors évoluant comme des personnages, animations en volume, etc…)  et ou les personnages sont sans cesse sollicités à travers un imaginaire transfiguré par le biais de machines bizarres ou de situations loufoques et ce, sans un temps mort. Et si le but de Gondry, au fond,  était de faire ressentir au spectateur les mêmes émotions qu’au temps ou le cinéma n’était encore qu’une attraction de forain ? Gondry petit-fils de Méliès ? Et pourquoi pas finalement ?

Ainsi, après avoir bricolé les souvenirs dans « Eternal Sunshine of the Spotless mind » et les rêves avec « La Science des Rêves », dans « Be kind Rewind », Gondry bricole des films, tout simplement.  Mais « Be kind Rewind » pourrait bien être aussi le « Cinéma Paradiso » du metteur en scène français. Car son projet est de rendre hommage au 7ème art par le biais d’un support tombé en désuétude, la cassette vidéo, l’essentiel de l’action du film se déroulant autour et à l’intérieur d’un vieux vidéo club, menacé de démolition.

D’ou cette trouvaille qui défini le film : remaker des films célèbres avec une vieille caméra VHS. En un mot, créer des films « suédés », c’est le terme inventé. Au départ, une situation burlesque : l’énergique Jack Black a pris un coup de jus dans un transformateur et a démagnétisé accidentellement toutes les cassettes de son pote Mos Def, le vendeur du magasin dont le propriétaire, Danny Glover est parti faire un tour. Et puisqu’une cliente (Mia Farrow) réclame impatiemment de voir « Ghostbuster », ils vont s’employer à refaire le film, du moins à le rejouer avec trois bouts de ficelle et du papier d'aluminium; c’est le point de départ d’une recette à succès pour laquelle ils vont s’attirer les sympathies et le concours de tout leur quartier. A partir de là, ça n’arrête pas ; on est constamment dans la jubilation devant cette petite bande miraculeuse qui prend un plaisir enfantin à faire ses propres cassettes (« Rush hour 2 », « Le Roi lion », « Miss Daisy et son chauffeur », etc…). C’est rythmé, débridé, rigolo et soutenu par une bande son qui swing et qui groove, l’hommage au cinéma se doublant alors d’un hommage à la musique noire (funk, soul et surtout jazz…). Mais, Gondry, en plus d’avoir bon goût musicalement, se révèle un directeur d’acteur attentif, avec un regard plein de tendresse pour ses personnages, en particulier sur le vétéran Danny Glover, drôle et attachant.

Mais le film ne serait qu’un terrain de jeu délirant s’il n’y avait en plus un vrai discours utopique sur le communautarisme, car à travers les péripéties de ses huluberlus, Gondry ne cherche pas autre chose qu’a nous dire que ce qui nous unis, c’est ce qui nous amuse… Et autant s’amuser contre le système : d’abord contre Hollywood, qui, par la voix d’une Sigourney Weaver raide comme la justice vient réclamer des sommes surréalistes à la petite bande pour contrefaçon ; ensuite contre les promoteurs immobiliers qui rêvent de rénover le quartier dans lequel ce petit vidéo club miteux fait tache…C’est pourquoi la séquence finale, ou le vidéo club se transforme en salle de projection, est une des plus belles choses que j’ai vu depuis longtemps : Gondry y filme le public, des jeunes et des  vieux, des noirs et des blancs, tous réunis devant un même écran à contempler leur création, tandis que dehors, les pelleteuses attendent… A partir de Là, « Be kind Rewind » prend une dimension humaniste et poétique émouvante ou le message qui passe c’est tout simplement qu’il faut en profiter avant que tout ne s’efface, comme une vulgaire cassette… Alors faites comme moi, soyez sympas, Raccordez !! JOLYON

A voir sur le site Bekindmovie.com  les films suédés de « Bekind rewind »

Posté par morpheus2316 à 20:14 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 4 mars 2008

The Mist

the_Mistde Franck Darabont, USA - 2008

TRES BON RACCORD !

Après l'excellent "Les évadés", le tout aussi bon voir meilleur "La ligne verte", Franck Darabont à repris ses lectures de Stephen King pour réalisé The Mist, adapté de la nouvelle "Brumes" tiré elle-même du recueil de poèmes éponyme. Bon j'vais pas m'étaler sur ça car je me dois avant tout de pousser mon coup de gueule ...

Alors Franck Darabont, c'est pas n'importe qui quand même, si ??? Alors de quel droit ces messieurs décident de ne le sortir que dans 40 salles dans toute la France, du coup, pas la peine de chercher à le voir à Angers, ce qui me déprime, croyez le bien ... Nan, on préfère laisser des daubes comme Astérix et les je sais plus quoi dans plus de 600 salles, histoires de glaner encore quelques entrées alors que plus personnes ne veut le voir ce truc ! Et du coup, ils privent un tas de fan de l'écrivain d'un excellent film comme ce Mist. Surtout que le pauvre Stephen n'a pas toujours été gâté par les remakes de ces livres, je me souviens des Tommyknockers ou autre Langoliers qui n'étaient pas des réussites. Il faut quand même avouer qu'il en a eu de très bon aussi, comme Christine, Simetière, etc ... Et l'histoire de Brumes me faisait envie et je l'ai pas regretté. A noter quand même pour ceux qui auraient lu le livre, le film va un peu plus loin dans l'histoire ... Et la fin, j'vous en parle pas ...

Ce qui fait mal dans ce film, c'est pas tant les monstres mutants sortient d'une autre dimension que la réaction, la transformation des gens qui cherchent à s'accrocher à tout ce qu'on peut leurs proposer dans de tels moments de panique. On se met à leur place et on se dit "qu'est-ce que je ferais moi ?" ... C'est, de plus, très bien filmé, très bien joué, rythmé à souhait et les effets spéciaux, ces créatures, sont crédibles et réussis, même les araignées mutantes ... même si j'ai horreur de ces bêbêtes !

Bref, je vous invite vivement à tout faire pour voir ce film, il vaut bien les quelques kilomètres qui vous séparent d'une des trop peu nombreuses salles où il est projeté, sans aucun doutes un des tops dans mes Raccord d'Or 2008.

Espérons qu'ils nous feront pas le même coup pour le film que j'attends le plus cette année : Diary of the Dead de Mr George A. Romero.

AYMERIC

Posté par morpheus2316 à 19:28 - Critiques de films - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 3 mars 2008

Paris

paris

de Cédric Klapisch. France, 2007

PAS RACCORD

Après le triomphe des "Poupées russes", voici donc "Paris" le nouvel effort de Cédric Klapisch, qu'il aurait tout aussi bien pu titré :  "Les Parisiens 2 : le retour ", afin de pouvoir assurer une continuité thématique avec le  film homonyme catastrophique de Claude Lelouch, sorti il y a trois ans. C'est clairement comme ceci que le film aurait du s'appeler tellement il y a de points communs entre les deux films, à commencé par une ambition humaniste lourdingue et une compilation de destins tragi-comiques se cessant de se croiser au sein de la ville lumière. La grande différence résident dans le genre des deux oeuvres, sentimentalo-mystique chez Lelouch, chronique douce amère pour Klapisch... Enfin bref, voilà que débarquent à l'écran une nouvelle troupe de personnages qui, à défaut de chercher leur chats, cherche l'amour le plus souvent, un soutien psychologique, une aventure sexuelle ou tout simplement un toit... Pour cela, Klapisch a fait appel à des visages presque tous connus et étire son film sur plus de deux heures.

D'emblée, ce qui pose problème, c'est ce scénario trop généreux qui a pour projet d'embrasser toutes les classes sociales à travers des personnages emblématiques  sauf qu'au fur et à mesure que le film avance, ce qui intéresse Klapisch c'est à l'évidence un noyau dur (le duo frère/soeur Duris-Binoche), une petite ébauche de couple secondaire (Fabrice Luchini - Mélanie Laurent ) et la bande de Rungis avec entre autres, Julie Ferrier et Gilles Lellouche, (qui n’est pas le fils de Claude, hé hé !! ). Tous les autres sont plus ou moins sacrifiés ou servent de remplissage sans saveur (François Cluzet et ses rêves en 3D, Karin Viard en boulangère snob, Albert Dupontel en veuf éploré ...) sans compter le S.D.F. et les africains sans papiers, inexistants.

Du coup, dans la deuxième heure du film, la fin approchant, Klapish est obligé soit de bâcler (Binoche et Dupontel qui concluent en un éclair) soit de laisser en plan les gens (Cluzet, Luchini...) ou de les abandonner à leur destin (Romain Duris finit par prendre un taxi, quelle audace !!), dans tous les cas, bonjour les ellipses !! Si seulement la direction d'acteurs était irréprochable, ça remonterait le niveau, mais là c’est pareil, Klapisch focalise essentiellement sur Romain Duris et Juliette Binoche, leur faisant jouer une partition émouvante, mais, à l’inverse, il ne sait pas quoi faire de Luchini, qui se croit comme à la télé...Quant à Mélanie Laurent, elle a une belle petite bouille mais n'a pas grand chose à faire...C'est plus triste pour Cluzet dont je n'ai pas compris du tout les états d'âmes et le surjeu (la scène du cimetière...), quand à Karin Viard, elle est si énorme qu'elle ferait passer madame de Fontenay pour une rappeuse !

Au milieu de tout çà, il y a bien quelques moments sympas ou la justesse du regard vers l'autre fait mouche mais il manque vraiment un enjeu fort, quelque chose de fédérateur voire un vrai sentiment d'urgence pour nous accrocher au évènements. C'est pourquoi les rares fois ou la tension monte comme lors la scène du bar avec les gars de Rungis, on se dit que le film décolle enfin, avant, hélas, de retomber aussi vite et nous figer dans l'ennui.

Quand à Paris, la ville, Klapisch la filme selon le point de vue de Romain Duris, perché tout là haut sur son balcon : beaucoup de toits, de rues, de trottoir, mais aussi les cafés de La Sorbonne, les halles, pas ou peu de monuments ... Curieusement, en essayant d'éviter le côté carte postale, Klapish offre une notation poétique pleine d'ironie : c'est justement une carte de Notre Dame que l'africain résidant à Paris envoie à son frère en début de film et que ce dernier tient dans la main quand il débarque dans la capitale, essayant de comparer la vraie Notre Dame avec celle de la photo...De la à dire que "c'est mieux en vrai" , il n' y a qu'un pas que Klapish franchit allègrement et c'est finalement le vrai message du projet : Paris, c'est beaucoup mieux que le film !!  JOLYON

Posté par morpheus2316 à 14:40 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1