mardi 22 avril 2008
A bord du Darjeeling Limited
de Wes Anderson. USA, 2007.
RACCORD
Vus aimez les voyages en train ? Vous ne connaissez pas l'Inde ? Vous rêvez d'être emmené par trois frangins huluberlus totalement déphasés qui vous serviraient de guide touristique ?
N'attendez plus, "A bord du Darjeeling limited" est fait pour vous. Le nouveau film de Wes Anderson, après "La vie aquatique", tient à la fois de la comédie burlesque gentiment désenchantée et du voyage initiatique débridé. Emmené par un trio de comédiens hors pairs (Jason Schwartzmann, Owen wilson et Adrien brody), le Darjeeling nous fait visiter l'Inde, ses contrées arides, ses peuplades aux rituels sacrés et pour cela, il n'hésite pas à prendre des raccourcis dans la loufoquerie. Les trois frères, qui viennent d'enterrer leur paternel et qui tente de retrouver leur mère cloitrée dans un monastère au confin de l'Himalaya (Angelica Huston, étonnante) vont ainsi de fausses pistes en aventures, jamais d'accord mais toujours partant, perpétuellement décalés mais s'assumant comme tels... Et la caméra d'Anderson suivant les péripéties du trio de façon ludique, avec des plans-séquences qui donnent le tourni, des cadrages inventifs et pleins de poésie, et surtout des travellings roulant comme des trains, véritables leitmotiv du film, figures de style en parfaites adéquations ou quand la forme épouse le fond...Le "Darjeeling" est, à n'en pas douter, un aller simple pour la folie douce... Et, si j'excepte la première demi-heure un peu longuette en bavardages, le film tient largement ses promesses. Et, déjà qu'on en a plein la rétine, les oreilles ne sont pas en reste : outre le folklore local, on a droit aussi aux Rolling Stones et à Joe dassin, entre autres !! En tout cas, moi, du cinéma américain comme ça, atypique et ambitieux, j'en redemande. Un billet pour le "Darjeeling", s'il vous plait !! JOLYON
lundi 7 avril 2008
J'ai toujours rêvé d'être un gangster
de Samuel Benchetrit, France 2007.
RACCORD
Venu du théâtre et de la littérature, Samuel Benchetrit a voulu pour son second film marqué vraiment la rupture avec ses disciplines premières et faire en quelque sorte une déclaration d’amour au grand écran. D’abord dans la forme : un noir et blanc impeccable, des cadrages soignés et inventifs, un travail ludique sur le montage et le son (quand une voiture traverse l’écran, on ne l’entend pas venir hors champ…), des choix musicaux judicieux, entre Schubert et rengaines sixties... Le film, divisé en sketch, se déroule à l’intérieur et autour d’une cafétéria presque déserte, installée au bord d’une autoroute, offrant à quasiment tous les protagonistes une unité de lieu et d’action. Sur le fond, Benchetrit fait ses gammes sur le film noir, mais de façon très très décalée ; ainsi défile devant nous un nullissime braqueur, deux kidnappeurs amateurs (et belges), cinq malfrats retraités et deux chanteurs qui volent ou deux voleurs qui chantent, c’est selon. Sans oublié une serveuse sexy au regard de braise… L’inspiration narrative de Benchetrit se situant entre Jarmush, Tarantino et Kaurismaki avec çà et là des dialogues pleins de non sens qui rappellent la signature des Robins des Bois. On pense aussi à « Aaltra » des grolandais Benoit Delépine et Gustave Kenvern, pour le noir et blanc et l’absurdité lointaine, mais passons.…Devant la caméra, les acteurs joue le jeu, Edouard Baer en tête, dans la peau de cet apprenti braqueur qui fait rire l’énigmatique Anna Mouglalis, par ailleurs compagne et muse du cinéaste débutant. Ajoutons à cela une bande de septuagénaires sympathiques et quelque peu déphasés : Jean Rochefort, Jean Pierre Kalfon, Roger Dumas, Laurent Terzieff, Venantino Venantini… Et puis il y a le face à face jubilatoire entre Alain Bashung et Arno, qui renvoie indubitablement à la conversation entre Iggy Pop et Tom Waits dans « Coffee and Cigarets », le film également à sketch de Jim Jarmush. Tout ce petit monde se croisant et intriguant dans la cafétaria, dans des situations plus ou moins loufoques. Reste que le segment le plus drôle du film est celui des kidnappeurs amateurs (les formidables Bouli Lanners et Serge Larivière), le seul se situant en dehors de la cafétaria, ou l’on voit le duo en prise avec une gamine suicidaire, qui finie par s’attacher à eux. Ceci posé, il manque à ce film un peu de personnalité, de caractère. Car si Benchetrit a bien digéré toutes ses références, le ton reste relativement sage. Manque un je ne sais quoi de cynisme et d’humour noir peut-être. De plus, il y a des passages qui souffrent clairement d’un manque de rythme à cause de plans fixes qui s’éternisent. Au final, même s’il n’a pas produit quelque chose d’inoubliable, Benchetrit a quand même réalisé un film atypique ou hommage rime avec décalage. Rien de plus prometteur pour la suite…JOLYON
jeudi 3 avril 2008
Je suis ENCORE une Légende
Coucou,
Voici en podcast la bande annonce de "Je suis ENCORE une légende" spéciale 1er Avril.
Bonne écouteA tchao Aymeric





