RACCORD... PAS RACCORD !!

Le blog de l'émission RACCORD... PAS RACCORD : chroniques et infos cinéma un mardi sur deux à 20h sur Radio G! 101.5 FM ou www.radio-g.org

jeudi 28 août 2008

Voyage dans les pyrénées

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des frères Larrieu. France, 2007.


Ce film est fou, tellement fou que parfois il me semblait voir un film sous acide… Ou plutôt un film où les cinéastes auraient voulu représenter les visions de leurs personnages ! Un ours humanisé, des moines épicuriens… sur bande-annonce, tout ceci semble bien étrange. Mais bon, au départ de ce délire il y a tout de même un scénario. Alexandre et Aurore, couple de comédiens, décident, à l’initiative de ce premier, d’entreprendre un voyage dans les Pyrénées sous le pseudonyme de M. et Mme Go pour calmer les pulsions nymphomanes de cette seconde. Leur excursion prendra un tour pour le moins étrange, les exemples cités plus haut étant parmi les plus marquants…

A ce niveau, on est tout de même en droit de s’interroger sur l’état de santé des frères Larrieu, que leur est-il arrivé ? Depuis Peindre ou faire l’amour nous savions que la question du couple - si possible en proie à un étrange dérangement en son sein – était un de leurs thèmes de prédilection. Mais si ce précèdent opus était plutôt classique dans le traitement du scénario, Le Voyage aux Pyrénées semble témoigner d’un certain pétage de boulons chez les deux frangins ! Déjà, sur le papier, ce scénario est audacieux et, pour cela, on ne peut que les remercier. Mais ensuite, avec un matériau de ce bois là, il faut assurer dans la réalisation… et là, c’est une autre paire de manches… Le piège du rythme est évident et le film ne manque pas de se faire avoir. Les aventures de nos deux zozos –enfin quatre si l’on tient compte de l’ours et du tibétain… - sont dingues (euphémisme), mais le fait est qu’entre les envolées surréalistes qui laissent le spectateur bouche ouverte de rire ou de stupeur, le temps est long… Pourquoi les réalisateurs n’ont-ils pas été au bout de leur délire en poussant le pari du surréalisme et du loufoque extrême tout au long du film ? C’est ce qui manque ici et laisse ainsi un sentiment d’inachevé. Car moi, d’un cinéma inventif, frais, drôle, qui plus est de la part de français, j’en redemande ! La déception est donc présente… mais légère. Car ce qui sauve ce film c’est précisément son audace, sa nouveauté et la fraicheur insufflée par Sabine Azéma, Jean-Pierre Darroussin et les paysages pyrénéens. On ne peut donc que saluer ce coup de folie, même maladroit, des frères Larrieu. Ils réussissent même un final aussi surprenant qu’intelligent, qui nous livre un message : la forme traditionnelle du couple a changée et, que cela plaise ou non, la meilleure des choses est d’en profiter, de s’y épanouir pleinement. PIERRE

Posté par morpheus2316 à 18:53 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


mercredi 20 août 2008

Surveillance

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De Jennifer Lynch. USA, 2007.

RACCORD

Décidément, quand on s’appelle Lynch et que l’on fait du cinéma, difficile de passer inaperçu et de provoquer l’indifférence. Ainsi, Jennifer Lynch, la fille de David, 15 ans après son premier effort (« Boxing Helena »), revient aux affaires avec un thriller particulièrement maîtrisé et assez éprouvant. Le pitch suit deux flics du FBI, un homme et femme, venus dans un bled perdu au milieu de nulle part pour interroger les témoins d’une sombre histoire de meurtres sauvages et d’enlèvements…Mais très vite, il apparaît que le film suit moins les sentiers balisés du polar hollywoodien que la voie sinueuse d’un cinéma extrême et dérangeant, d’une cruauté et d’un sadisme rarement vu sur grand écran.

Déjà, le dispositif de l’interrogatoire qui structure le film, avec juxtaposition des différents points de vue, se voit transfigurer par les caractères des personnages, presque tous fascinants et monstrueux, baignants tour à tour dans le vice et la noirceur… Comme ces deux flics qui s’amusent à tirer sur les voitures et terrorisent une famille auquel répondent les deux enquêteurs du FBI, parfaitement cyniques, et qui ne vont pas tarder à montrer leurs vraies vocations. De ce fait, le spectateur, face à un retournement de situation diabolique perd pied et il se demande dans quelle Amérique de cauchemar il a pu tombé. Evidemment, la filiation  Lynchienne paraît évidente, tant le film de Jennifer rappelle l’univers bariolé et violent de « Sailor et Lula » ou « Twin Peaks » ; autre référence emblématique, le « Funny Games »  de Michael Haneke pour cette violence à froid, anti spectaculaire, mais réellement traumatisante…

Mais concrètement, on retrouve bien chez  Jennifer  les obsessions esthétiques de son père comme ce goût pour les rouges crépusculaires, les contemplations glauques et malsaines, les ambiances musicales industrielles et les délires poético-hystériques… Sauf qu’elle sait aussi travailler sa mise en scène et surtout le montage et que, mis à part quelques transitions maladroites (des fondus enchaînés pas toujours justifiés), elle peut se targuer de faire un cinéma brut, direct, mais aussi subtil, avec une vraie direction d’acteurs. Parmi ceux-là, il faut citer Bill Pullman, à la fois séduisant et effrayant, d’une densité rare.

Ma seule vraie réserve concerne les enjeux du film : pourquoi, au fond, un tel jusqu’au-boutisme ? A partir du moment ou les personnages sont tordus, ou l’innocence est perdue, ou la violence explose, quelle est la vraie justification ? L’affaire, finalement plutôt amorale, reste frustrante car sans d’autre intérêt que d’aligner cette galerie de personnages terrifiants. Mais si « Surveillance » n’était qu’un film pour assumer un héritage stylistique de père en fille ? Un film qui, malgré ces horreurs, n’ai pas autre chose qu’une déclaration d’amour tendre d’une fille à son père ? Qui sait ? JOLYON

Posté par morpheus2316 à 17:23 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 8 août 2008

L'incroyable Hulk

hulkde Louis Leterrier. USA, 2007.

RACCORD PETIT BRAS

Pas de doute, il fait beau, il fait chaud, les salles sont obscures et bien fraîches et des seaux de pop corn nous attendent sur les coudées de nos sièges de velours rouge et moite… Nous sommes donc en été. Mais il s’agit de l’été américain qui, comme tous les étés, rameute une tripotée de blockbusters survitaminés prêts à envahir les écrans. Ainsi, après « Hancock » et avant le retour de Batman, voilà que débarque « L’incroyable  Hulk ». Deuxième adaptation du héros Marvel, cinq ans après un premier film très bavard réalisé par Ang Lee, ce "Hulk" 2008 se voit solidement maîtrisé par Louis Leterrier, un petit frenchie de l’écurie Besson. Evidemment, c’est une commande de studio et notre Louis passe par toutes les figures imposées pour remplir le contrat : actions, explosions, effets spéciaux et moult clins d’œil à la série (avec une rigolote apparition de Lou Ferrigno, qui incarna le monstre sur le petit écran). Alors, en quoi ce blockbuster estival a t-il éveillé un intérêt chez moi ? D'abord parce que c'est un Edward Norton inattendu qui prend les traits de Bruce Banner et qui se dépense physiquement sans miner la psychologie de ce personnage de scientifique sans cesse traqué. Pour cet acteur discret et talentueux qui met rarement les pieds dans de grosses productions, je trouve qu'il s'en tire vraiment bien. Ensuite parce que la première partie du film se déroule dans les favelas de Rio, et que, pour l'occasion, nous avons droit à de surprenants panoramiques qui offrent une vision réaliste et picaresque de la misère avec toutes ses baraques agglutinées les unes sur les autres; toujours dans cette partie brésilienne, le réveil de la béte dans une fabrique de sodas et une splendide course poursuite très Jason Bourne dans les petites ruelles donnent un cachet particulier au projet. Moins réussi en revanche est la partie américaine, plus convenue, et qui débouche sur un final peu inspiré et tiré par les cheveux. Quant au super combat entre Hulk et « Abomination », c'est tout de même assez confus et les effets numériques sont un peu limites. Mais Leterrier mène correctement son affaire, avec un vrai sens du rythme et du cadrage ainsi qu'une bonne pincée d'humour pour faire passer les rayons gammas. Lui manque juste un vrai style visuel qui lui permettrait de transcender un vulgaire cahier des charges hollywoodien en quelque chose de plus personnel, un peu comme Sam Raimi avec Spiderman... Un mot sur le reste du casting ? A par une Liv Tyler qui passe son temps à minauder, on pourra apprécier les excellentes partitions de Tim Roth et William Hurt en méchants militaires qui courent tout les deux après Hulk. Un Hulk par ailleurs tout numérique et pas très effrayant mais qui fait beaucoup de ramdam quand il crie ou quand il envoie un mandale...et en plus il parle !! comme quoi, avec les géants verts, il faut s'attendre à tout, même à un bon divertissement. JOLYON

Posté par morpheus2316 à 16:16 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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